Maudite par le budleia

Vous vous souvenez de ma dernière teinture au soleil de l’année ? C’était un deuxième essai de fleurs de budleia. Et bien, je ne l’ai pas laissée pourrir ! Non, je n’en ai pas eu le temps, j’ai cassé mon super bocal de 3L avant d’avoir terminé la teinture. La cata…

Bon, je ne suis pas du tout sûre que j’aurais obtenu du vert, car au bout d’un jour et demi au soleil j’ai obtenu ceci :

J’ai changé de base, cette fois-ci c’est du mérinos. La couleur obtenue est un jaune caca d’oie. De tous les jaunes que j’ai obtenu, c’est le plus moche. Le beige de mon premier essai avec le budleia (qui avait pourri) était plus intéressant.

 

Pour ne pas rester sur un échec, j’ai fait ensuite un teinture sur le feu, dans la marmite en alu qui pompe toujours autant la couleur que je mets dedans. J’ai essayé une généreuse quantité de feuilles de bouleau, sur de l’alpaga (ma nouvelle acquisition, ci-dessus, différent de l’alpaga de mes essais précédent)

La feuille de bouleau est censée donner dans les jaunes, et c’est un beau jaune mordoré très chaud que j’ai obtenu.

A réessayer peut-être avec moins de feuilles pour une couleur plus vive ?

 

Vive l’été !

Partout on nous serine que c’est la rentrée, bientôt l’automne…. ça ne me plaît pas du tout. Surtout lorsque l’été s’attarde comme ces jours-ci et qu’on peut encore en profiter un peu !

Je profite donc de ces journées très chaudes et ensoleillées pour faire ce qui sera probablement ma dernière teinture au soleil de l’année. Second essai de budleia et cette fois-ci je ne vais pas le laisser pourrir !

Rendez-vous la semaine prochaine pour un nouveau tutoriel vidéo. Ca faisait longtemps.

Je vous rappelle que je continue la collecte de données sur vos mensurations, vous pouvez encore participer en remplissant le formulaire du billet « j’ai besoin de vous ». Merci beaucoup à toutes celles qui ont déjà répondu.

Mon graal

Vert ! J’ai trouvé mon vert !

La quête a commencé par des fleurs jaunes : millepertuis, dont c’est la fin de la floraison en août. Les dernières fleurs ont été guettées et cueillies une à une, jour après jour. En essayant de doubler la faucheuse des bords de route. On a osé faucher mon massif de millepertuis n°1, comme si c’était de la mauvaise herbe !

Ensuite il y a eu une potion rouge. Chaque petite récolte est venue s’ajouter à la macération à l’alcool, jusqu’à avoir suffisamment de fleurs. A vu de nez, car je ne sais pas du tout combien j’en ai récolté au total.

Puis la laine a été ajoutée à la potion. Elle a d’abord pris une teinte jaune. J’ai croisé les doigts pour que le soleil fasse son effet…

Et la magie a opéré !

Un beau vert acide. Plus vert que sur la photo (j’ai énormément de mal à rendre en photo les couleurs de mes teintures végétales !). La couleur est assez irrégulière mais elle me plaît beaucoup.

Après cette première teinture, la liqueur n’était plus pourpre, mais encore très colorée d’une couleur ambrée. J’y ai fait macérer un deuxième écheveaux.

Le résultat n’est  pas vert (je ne m’y attendais pas d’ailleurs), mais d’une couleur miel assez jolie qui vient compléter la collection de jaunes.

Interlude chimique

Entre deux potions végétales, je me suis essayée à la teinture alimentaire. Ca a le grand avantage de pouvoir se faire dans la casserole de tous les jours.

J’ai rapporté du Canada quelques sachets de kool-aid dans mes bagages. Pour ceux qui se demandent ce que c’est, le kool-aid est une poudre à diluer dans l’eau pour faire des boissons soda qui ont surtout du succès auprès des enfants. Les amoureuses des fibres se sont vite rendues compte que la version sans sucre est aussi le produit idéal pour teindre de la laine facilement et sans risque. Il en existe à une multitude de parfums de toutes les couleurs… de quoi se faire une palette complète !

La poudre est très concentrée en colorant alimentaire et contient suffisamment d’acide citrique pour permettre au colorant chimique de se fixer sur la laine. Il n’y a donc rien besoin de plus que la poudre kool-aid !

Je n’avais que quelques sachets, donc pour une première fois j’ai choisi d’utiliser les couleurs telles quelles, sans mélanges. Le résultat est très… vif ! On peut même dire criar.

J’ai opté pour l’extrême simplicité et je n’ai pas cherché d’effets de teinture. J’ai dilué le kool-aid dans de l’eau et rempli la casserole. J’y ai mis l’écheveau entier (préalablement trempé dans l’eau pendant une heure) et j’ai fait chauffer doucement, jusqu’à ce que l’eau redevienne claire. J’ai laissé la laine refroidir avant de la rincer.

Après les teintures végétales, c’était assez impressionnant de voir la laine absorber la couleur de cette façon. L’eau de teinture est véritablement devenue transparente et aucun résidu de couleur n’est parti dans l’eau de rinçage. L’uniformité de la couleur sur l’écheveau est un peu déroutante.

L’odeur de bonbon du kool-aid contrastait aussi avec les effluves plus ou moins nauséabondes de mes potions !

Pour le vert, j’ai utilisé 2 sachets de « Lemon-Lime » pour teindre 50g de laine et alpaga. C’est à dire les colorants jaune E102 (tartrazine) et bleu E133 (bleu brillant FCF).

Pour le rouge, j’ai utilisé 2 sachets de « Cherry » et 2 sachets de « Tropical punch » pour teindre 100g de laine et alpaga. Les deux parfums contiennent les mêmes colorants rouge E129 (rouge allura AC) et bleu E133 (bleu brillant FCF).

Etant donné la facilité de l’opération et le résultat, je comprends pourquoi les américaines s’amusent tant avec le kool-aid. Il y a certainement matière à expérimenter davantage.

Essais de jaune

J’ai cédé. Sur les bords de Seine je trouvais plusieurs plantes donnant du jaune en telle abondance que j’ai fait une récolte pour les tester.

Au menu : reine des prés (dans le seau), verge d’or (dessous), tanasie (dessus).

J’ai récupéré une grande marmite en aluminium qui avait servi à faire de la teinture chimique (merci CréaMéla !). J’ai profité de cette grosse récolte pour l’essayer. L’aluminium n’est pas idéal pour la teinture végétale : la couleur se fixe autant sur les parois de la marmite que sur la laine ! Et c’est très difficile à nettoyer.

Toujours sur le même alpaga que mes précédentes teintures, j’ai obtenu tout un camaïeu de jaunes.

Verge d’or

J’ai fait ces teintures dans la marmite en alu. J’ai commencé par faire une teinture avec les parties fleuries : le premier bain m’a donné l’écheveau de gauche et le deuxième bain l’écheveau du milieu. J’ai été surprise d’obtenir un jaune aussi vert ! Ma proportion de fleurs était pile pour 50g de laine. L’eau me semblait encore bien colorée, c’est pourquoi j’ai tenté le deuxième bain. Il est un peu décevant, bien plus terne que sur la photo. J’avais à peu près les même proportions de chaque plante, du coup je n’ai ensuite plus fait qu’un seul bain.

Après m’être occupée des fleurs, j’ai mis les tiges et feuilles de verge d’or restantes à tremper. La teinture réalisée avec le lendemain a donné l’écheveau de droite, toujours dans la marmite en alu. C’est le plus beau jaune de la série, le plus vif.

Tanasie

J’avais de quoi teindre 100g. J’ai décidé de teindre de deux façons différentes : l’écheveau de gauche dans la marmite en alu (teint juste après les fleurs de verge d’or), l’écheveau de droite au soleil dans mon habituel pot en verre. Ces jaunes tirent eux aussi sur le vert. La différence d’intensité est plus importante que ce à quoi je m’attendais. Pour la teinture au soleil, je ne l’ai pas laissée très longtemps cette fois-ci (deux jours de canicule) car je voulais éviter la pourriture des essais précédents.

Reine des prés

Teinture au soleil, également. C’est le deuxième vrai jaune de la série, un jaune pâle très doux.

Six jaunes en quelques jours, c’est productif les congés du 15 août ! Heureusement, il semblerait que j’ai des copines qui aiment le jaune. La prochaine fois que je parlerai de teintures, j’aurais peut-être enfin un vrai vert ?

J’ai trouvé une organisation toute simple pour faire de petits essais, de façon à tester des plantes : des pots de yaourt en verre, au bain marie dans le fait-tout. Parfait pour quelques fleurs et un petit bout de laine dans chaque.

La quête du vert

Quand j’ai commencé à me renseigner sur les teintures végétales, je me suis vite rendue compte que la couleur la plus communément obtenue était le jaune.
Or, je n’aime pas tellement le jaune. Je me suis mise en quête de plantes qui donnent d’autres couleurs, et plus particulièrement celles qui donnent du vert.
Je vais préciser tout de suite que je ne teins qu’à partir de mes cueillettes, donc je suis limitée à ce que je trouve sur mon chemin. De plus, j’ai pris le parti de ne mordancer ma laine qu’à l’alum, parce que c’est simple, que le produit est facile d’accès et pas dangereux. Exclues donc, les modifications au fer, au cuivre, au chrome (!!), etc, qui permettent certes d’intéressantes variations de couleurs, mais qui complexifient le procédé de teinture. Je veux pouvoir faire mes teintures dans mon pot en verre sur mon appui de fenêtre. Je n’ai aucun problème avec le fait d’attendre longtemps que la teinture se fasse, mais je veux un procédé simple sans trente-six mille précautions.

Voici le résultat de mes diverses tentatives pour obtenir du vert :

Vous ne voyez pas le vert ? Mais si, regardez-bien, là :

Euh, oui, bon, échec cuisant ! En plus je me retrouve avec du jaune sur les bras…

Revoyons-ça par ordre chronologique. Tous ces essais ont été fait sur le même fil en alpaga.

 

Feuilles de figuier

Utilisées fraîches. Je ne sais pas si c’est une question de période de récolte, ou si ce sont mes informations qui sont erronées, mais le résultat est jaune éclatant et pas vert du tout. Le truc bien c’est que la potion sentait très très bon.

Presle

Je comptais beaucoup sur cette plante là qui semblait une valeur sûre pour obtenir du vert. L’erreur a probablement été de l’utiliser sèche. Le beige obtenu est assez inintéressant. J’étais à ce moment là en vacances et j’avais à disposition un petit chaudron en cuivre. En désespoir de cause, la potion a fini sur le feux dans ce chaudron, mais je n’ai réussit qu’à avoir quelques tâches verdâtre et c’est tout.

Feuilles d’aulne blanc

Là je savais qu’avec un seul mordançage à l’alun j’aurais du jaune. C’est pourquoi j’ai fait cette potion sur le feu dans le chaudron en cuivre. Résultat pas vert du tout, mais bien jaune pâlichon. Le chaudron n’a peut-être pas libéré assez de cuivre ? C’est sûr que la méthode du chaudron manque de précision scientifique en tant que mordant/modificateur.

Feuilles de bouillon blanc

Ce beige rosé n’est pas vilain du tout, mais ce n’est pas vert. Je pense qu’il y a eu là plusieurs facteurs. J’ai récolté les feuilles sur des pieds de bouillon blancs en fleur et non sur de jeunes pieds. Les feuilles étaient extrêmement sales (c’est ça que de faire ses récoltes en zone urbaine…) et malgré mes lavages je ne crois pas avoir éliminé toute la poussière/terre. La potion est restée dehors trop longtemps, à température moyenne. Comprenez « sans soleil ». Je craignais que si elle ne chauffait pas la teinture ne serait pas extraite de la plante et ne se fixerait pas à la laine. Mais j’ai dû attendre trop longtemps car la potion était déjà devenue trouble lorsque j’ai filtré pour ajouter la laine et ça ne sentait vraiment pas bon !

Fleurs de budleia

Je ne savais pas bien si j’obtiendrais du jaune ou du vert, étant donné le peu d’information que j’ai sur cette plante et que les deux semblaient possibles. La potion a été faite en parallèle du bouillon blanc et a connu le même problème de météo, résultant également en une potion pourrie et nauséabonde et un coloris beige caramel plus soutenu.  Si j’ai l’occasion je réessaierais bien.

 

Je n’ai pas encore abattu toutes mes cartes, je ne désespère pas encore d’avoir du vert avant la fin de l’été.

Première teinture

Tadah ! J’ai sorti la laine de ma première potion, je l’ai rincée, rincée, rincée… et voilà le résultat :

Teinture aux fleurs de coréopsis sur alpaga. Résultat orangé tout à fait dans la gamme de couleurs attendue, même si ce n’est pas la teinte espérée.

J’ai appris des choses. La première étant qu’il me faut une balance plus précise. Mon mordançage est un peu raté, et comme j’ai mordancé quatre écheveaux les essais suivants sont également compromis. Donc, quand on dit qu’il ne faut pas trop mordancer… c’est vrai !

Quand on dit que les plantes récoltées après un période sèche sont plus riches en colorant… c’est vrai aussi !

Bref, il faut que je m’équipe un peu mieux et les conditions météorologiques ne sont pas optimales… mais ça ne me décourage pas, je m’amuse trop de ces expérimentations.

La potion au figuier est encore en train d’essayer de prendre le soleil en région parisienne, pendant que je profite de quelques jours dans une région qui bénéficie d’un vrai été pour tenter une autre plante… La saga des teintures végétales n’est pas terminée !